Les standards technologiques: du respect mais pas de servilité

December 29th, 2005 par Freddy Mallet

Durant le séminaire sur l’agilité et l’open-source qui a eu lieu sur Genève le 1er décembre, Karim Mazouni de Sun Microsystems a insisté durant sa très bonne présentation sur l’intérêt du respect des standards au sein du monde open source. Ce playdoyer unilatéral envers les standards est bien sûr compréhensible du point de vue de Sun. L’argumentation est d’ailleurs aisée car sur le fond je crois que tout le monde est d’accord sur l’intérêt de ces standards.

L’exemple le plus marquant porte aujourd’hui sur ce qu’on appelle le web 2: il existe pléthore de frameworks ou de librairies javascript qui essaient de vous apporter un niveau d’abstraction correct pour vous permettre un développement le plus rapide possible d’interfaces web dynamiques. On peut siter: dojo, prototype, rico, scriptaculous, atlas de microsoft, etc… Autant vous dire que c’est la jungle, que d’un framework à l’autre les principes de fonctionnement ne sont pas forcément les mêmes, que le coût de formation est relativement élevé, qu’il n’existe aucun ide digne de ce nom pour vous accompagner sur ce chemin de croix, qu’il est impossible d’évaluer la pérennité de ces frameworks et que donc  à titre perso j’attends avec impatiente l’émergence d’un standard pour la réalisation des interfaces riches pures web. Je crois que l’explosion du nombre de services en ligne déjà impressionnant prendrait  une ampleur encore plus considérable.

Ceci étant, le sacro-saint respect du standard ne doit pas nous faire oublier l’objectif final de ces standards :  accroître le pouvoir d’innovation et de productivité. On peut faire ici un parallèle avec les méthodologies de développement. A force de dire qu’elles sont importantes, ces méthodologies sont devenues une finalité alors que leurs objectifs sont bien: rentabilité, maîtrise du risque, efficacité, reproductibilité. Quand l’application d’une méthodologie entre en conflit avec ces objectifs on doit de suite donner un bon coup de frein, faire le point et changer de direction. Ce constat pragmatique est d’ailleurs à l’origine de l’émergence des méthodologies agiles. Pour les standards on devrait se poser une question équivalent: est-ce que ce standard me permet d’accroître ma productivité et mon pouvoir d’innovation ? Non, et bien on oublie le standard et on bascule sur le challenger.

Cette entrée de blog de Norman Richards donne un éclairage assez intéressant sur le sujet au travers de plusieurs exemples. L’un des exemples portent sur la norme EJB. Jusqu’à la version 3 en cours de validation, tout le monde s’accordait à dire que que les EJB étaient  une usine à gaz contre-productive et quelque fois même à très haut risque (utilisation des Entity Beans). Face à ce constat d’échec deux produits non standardisés ont émergé et ont connu un franc succès: Hibernate et Spring. Etrangement , la version 3 des EJB adopte une approche IOC, repousse les références à la norme EJB dans les annotations pour pouvoir travailler sur des POJO, et la première implémentation des Entity Bean repose sur Hibernate.

Morale de l’histoire: Malmener un standard c’est lui rendre service en obligeant ces parents à le faire évoluer pour lui conférer encore plus de pouvoir d’innovation et de productivité!

Source:
Blog de Bobby Woolf

One Response to “Les standards technologiques: du respect mais pas de servilité”

  1. Franck Says:

    Intéressant, ça me rappelle les cookies qui avaient été developé par Netscape mais qui avait publié une RFC qui définissait ce concept et vu le monopole de Netscape à l’époque c’est devenu un standard, idem pour les extensions HTMLs.

    Ceci dit c’est dommage pour Spring de ne pas avoir été invité à la party comme le dit Norman Richards.

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