Pourquoi es-il préférable d’évoluer dans des boîtes de temps ?

January 30th, 2006 par Freddy Mallet

Cette notion de time box (ou time frame) est omniprésente dans les méthodologies agiles mais se retrouve également dans les techniques de coaching quand il s’agit de définir les actions concrètes à réaliser dans le cadre du modèle GROW. C’est bien joli me direz-vous mais tout d’abord qu’est ce que signifie évoluer dans une boîte de temps ? C’est tout simplement se donner une contrainte de réalisation ‘au mieux’ (je n’aurais pas le temps d’approfondir cette notion de ‘au mieux’ aujourd’hui) d’un ou plusieurs objectifs dans un cadre de temps immuable et de préférence le plus court possible.
Reprenons l’exemple de mon post sur le coaching pour concrétiser celà. Vous vous dites qu’il serait bien que vous perdiez 10 kilos en quelques mois pour vous sentir bien dans vos baskets. Quelque soit la recette diététique utilisée: le régime dissocié, le sport,  slim-fast,  la prière, etc.. pourquoi est-il préférable de découper, voir d’oublier cet objectif général de perte de 10 kilos au profit de boîtes de temps de par exemple 2 semaines avec des objectifs précis en début de chaque boîte de temps ?

  • Appréhension de la réalité:  Si je vous dis que vous devez perdre  10 kilos en  4 mois est-ce que ça vous parle ?  Si je vous dis que vous devez perdre 600 g par semaine est-ce que ça vous parle mieux ?  A  titre personnel oui, car en découpant l’objectif initial on s’approche d’une réalité plus palpable qui nous contraint à un regard également plus objectif. Après ce premier découpage vous allez peut être vous dire que 400 g c’est déjà pas mal et allez donc partir sur une base plus viable.

  • Maîtrise du risque: Si jamais vos objectifs sont trop élevés, le fait de raisonner en boîte de temps permet de vous remettre en question et éventuellement de rectifier le tire dès la première ou deuxième boîte de temps. A l’inverse, si vous vous étiez fixé un objectif de perte de 10 kilos sur 6 mois sans étape intermédiaire, votre faculté de vous mentir à vous même l’aurait peut être emporté sur votre objectivité. En gros les boîtes de temps vous contraigne à un feedback honnête sur vos avancés. Dans un cas vous allez donc éventuellement revoir votre objectif initial à 8 mois et au final vivre l’expérience comme un succès et dans l’autre cas potentiellement échouer là ou vous auriez pu réussir.
  • Entretien d’une pression quotidienne positive ou plutôt régulation de la pression: Que se passerait-il si à l’école l’évaluation des connaissances ne se faisait qu’une seule fois à la fin de l’année ? Grossièrement les étudiants travailleraient en sur-régime le dernier trimestre et glanderaient plus ou moins fort les deux premiers trimestres. L’être humain est ainsi fait. Donc il faut trouver un moyen d’étaler dans le temps cette pression bénéfique quand elle est bien gérée.
  • Motivation: Plus un objectif est à portée de main, plus la motivation pour atteindre cet objectif sera naturelle et importante. Admettons que vous débutiez en karting et que vous tourniez en 70 secondes pour un tour de piste. Admettons que vous aillez comme objectif de de réussir à gagner 5 secondes au tour après 10 tours d’entraînement (possible si vous êtes débutant). Ca revient exactement au même de dire qu’il faut que vous gagniez au moins 0.5 seconde par tour  durant les 10 prochains tours. Seulement dans le deuxième cas vous avez la rage, le fighting spirit et vous allez même peut être dépasser vos espérance.
  • Satisfaction: Si on reprend l’exemple précédant, dès le premier tour si vous atteignez votre objectif de gain de 0.5 seconde vos ressentez une unité de satisfaction (un peu une notion équivalente à un stroke en analyse transactionnelle) qui a tendance à augmenter votre motivation pour ressentir à nouveau de nouvelles unités de satisfaction et ainsi de suite. Vous allez donc de vous même progressivement entretenir une dynamique de progression.
  • Augmentation des degrés de liberté: Cette dernière notion peut paraître étrange puisque qu’une boîte de temps est avant tout une contrainte, donc comment l’ajout d’une contrainte peut-il augmenter mes degrés de liberté ? En raison d’un aspect psychologique assez facile à comprendre et qui s’applique à bon nombre d’entre nous: plus la montagne qu’on nous demande de gravir est haute moins nous allons nous autoriser d’expérimentation car figés par l’enjeu du défit. A l’inverse si nous évoluons dans des boîtes de temps, que les premières se passent bien, nous nous sentons maître de la situation et gagnons donc en liberté d’esprit et donc d’actions.

Oups, je viens de voir passer ma boîte, j’y retourne…

6 Responses to “Pourquoi es-il préférable d’évoluer dans des boîtes de temps ?”

  1. Franck Arnulfo Says:

    Mmm, j’ai beau faire des time box sur “devenir milliardaire”, ça ne marche pas trop ou pas assez vite au goût de mon banquier ;-)
    Plus sérieusement, cette idée d’objectif régulier réalisable semble évidente à la lecture, mais le problème n’est-il pas toujours de pouvoir/vouloir les suivre régulièrement, comme toute méthode ?
    C’est peut-être pour cela que le coaching personnel (un coach pour la gym, un pour le boulot, …) se développe beaucoup ces derniers temps, c’est le coach (un élément extérieur) qui te pousse à suivre régulièrement ces objectifs.
    N’est-il pas ?

  2. Jerome Says:

    Une question me vient à l’esprit: mais qui coache les coachs??…

  3. Eric Says:

    Article intéressant, mais revenons au coeur du sujet: tu as perdu combien de kilos la première semaine ? ;-)

  4. Freddy Mallet Says:

    Franck, entièrement d’accord avec toi. C’est tellement facile de se mentir à soi même qu’un regard extérieur est toujours le bienvenue qu’on s’appelle Bill Gates, Bernard Dupond ou Kent Beck. Après que ce feedback extérieur soit assuré par un coach ou par un collègue, ou par sa femme, ou … peu importe si la qualité est au rendez-vous.

  5. Freddy Mallet Says:

    Jérôme, sur la question de qui coach les coachs j’ai tendance à penser que dans un monde idéal on peut très bien être coaché et coach à la fois. C’est un peu comme la notion de leader / follower, on est l’un et l’autre au gré du temps. Je crois même que cet inversement des rôles est important pour éviter de sacraliser les rôles de coach ou de leader.

  6. Freddy Mallet Says:

    Eric, tu ne veux pas devenir mon coach ? ;-)

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