Comment MySQL fait trembler les géants !

February 1st, 2006 par Franck Arnulfo

Microsoft avait été le premier à sortir Server 2005 Express Edition, une version gratuite et limitée en ressources mais sans limite de temps d’utilisation de sa propre base de donnée SQL Server 2005 (SQL Server dont les origines remonte à Sybase il y a bien longtemps).
Oracle avait suivi le pas fin 2005 en sortant Oracle Database 10g Express Edition.
Et il y a quelques jours, IBM suit le mouvement en annonçant DB2 Express-C une version gratuite mais aussi limitée en ressource de sa propre base de donnée DB2.
La vrai différence de toutes ces versions gratuites avec les versions d’évaluations c’est le fait de pouvoir utiliser la base de donnée même en production sans limite de temps (avec un support plus que limité bien sûr).
La limite de ces versions étant fixée sur les ressources maximum utilisables:

  • une taille de donnée limitée à 4 Go, le support d’un seul processeur et d’au maximum 1 Go de RAM pour Server 2005 Express Edition de Microsoft
  • les mêmes limites pour Oracle Database 10g Express Edition
  • une limite de 4 Go de RAM mais pas de limite de taille de données ni de nombre d’utilisateurs pour DB2 Express-C d’IBM

Ces limites fixées par Microsoft, Oracle et IBM semblent correspondrent à la limite du domaine de prédilection de la célébre base de donnée open source MySQL.
Car il ne faut pas se le cacher, c’est bien elle que visent à abattre toutes ces versions gratuites mais limitées de ces grands noms du logiciel.
MySQL semble en effet tailler des croupières dans le bas/mileu de gamme du domaine des bases de données propriétaires.
Grâce à son côté open source, sa robustesse et sa rapidité, MySQL s’est imposé avec PHP dans le monde des pages persos offert par les providers internet.
Idem dans le monde des développeurs car installer et utiliser une base MySQL est très rapide.
Et dans ce monde qui va de plus en plus vite, le prototypage d’application (du style on développe avec MySQL et quand on aura les moyens on passera à Oracle) qui finit en production n’est pas rare surtout quand ça fonctionne bien dans le cas de MySQL (pourquoi payer alors que ça marche en production) !
Un produit gratuit et open source, simple à installer, performant, trés répandu, pas forcément au top niveau fonctionnalité (requête imbriquées, transaction, … même si il y a des avancées) mais qui répond à 80% des besoins c’est sans merci pour les SQL Server, Oracle et DB2 qui se retrouvent cantonnés dans le milieu/haut de gamme.
Et ça, c’est pas bon pour les affaires car vu leur prix on leur en demande de plus en plus, quand on continue à leur demander quelque chose pour ceux qui ne sont pas encore passé à MySQL.
C’est peut-être pour éviter cela que ces mastodontes sortent ces versions limitées:
“Vous voulez une (petite) base de donnée gratuite ? Utilisez notre version gratuite ! Ne perdez surtout pas de temps à essayer MySQL ! Et quand vous atteindrez les limites passez à la caisse !”.
Deux idées sous-jacentes donc :

  • la croissance par le bas, comme l’a fait Microsoft avec Windows qui n’était dans un premier temps destinée qu’aux postes utilisateurs puis qui a débordé dans le monde des serveurs au détriment des Unix et autres Mainframes (Linux étant un peu à part, car il semble qu’il fasse le contraire: d’abord les serveurs puis les postes utilisateurs…). Ce n’est donc jamais bon d’avoir un produit concurrent qui occupe le bas de gamme car tôt au tard il finira par monter en gamme et à marcher sur vos platebandes. Je n’ai rien inventer à ce sujet, je me rappelle avoir lu cela dans un article sur Joel on Software.
  • la banalisation de la base de donnée: il semble que la marque de la base de donnée comme la marque du système d’exploitation devienne de plus en plus un élément non distinctif (l’objectif principal étant recentré sur le service que fournit votre application) et donc où les contraintes de coûts sont les plus fortes, c’est pour cela aussi que Linux et MySQL prennent des parts de marchés de plus en plus importantes. C’est aussi pour cela qu’Oracle poursuit frénétiquement sa diversification en dehors des bases de données à coup de rachat retentissant (Siebel, Peoplesoft, …).

Bon ce n’est pas encore pour ça que j’échangerai mon baril d’Oracle contre un baril de MySQL pour une application critique, mais pour des besoins annexes je suis tenté (en fait c’est déjà le cas indirectement avec ce blog qui tourne sur MySQL), même si ma préférence au niveau des fonctionnalités (notamment les séquences… ) irait plutôt du coté de PostgreSQL.

L’annonce d’IBM vu sur slashdot : http://developers.slashdot.org/developers/06/01/30/1529215.shtml

2 Responses to “Comment MySQL fait trembler les géants !”

  1. Franck Arnulfo Says:

    Il semble que je ne sois pas le seul à penser cela :
    http://www.javalobby.org/nl/archive/jlnews_20060201o.html.

  2. Etienne Sévin Says:

    En ce qui me concerne, j’ai fait l’échange pour mon plus grand bonheur et cela concerne aussi bien des applications web que des applications lourdes.
    * A priori des nombreuses personnes devraient y regarder à 2 fois en terme d’aspect “critique”. Voilà plus de 8 ans maintenant que je m’entends dire “mais MySQL fait-il ceci, MySQL fait-il cela ?” sans que cela ne m’ait véritablement freiné dans ma démarche.
    * De plus, ce que MySQL apporte en terme de support professionnel est tout bonnement incroyable. Une question posée au support engendre une réponse quasi immédiate et le tech ne vous lache pas tant que le problème n’est pas reglé.

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